Oui, c'est incontestable, un taux élevé de cholestérol sanguin reste bel et bien un facteur de risque cardiovasculaire, qu'il faut surveiller - et si nécessaire réduire - au même titre que les autres facteurs de risque (tabagisme, hypertension artérielle, diabète de type 2...).
Tel est en substance le message que la Ligue cardiologique belge (LCB) entend faire passer, alors que, ces derniers mois, certaines informations dangereusement contraires circulent. A tel point que la LCB, en collaboration avec des associations représentatives du monde scientifique et médical belge et spécialisées dans le traitement et/ou la prévention des maladies cardiovasculaires, a cru bon de devoir lancer une campagne de communication grand public. Histoire de remettre les pendules à l'heure !
Cette initiative se traduit par l'édition d'un "Manifeste pour la bonne compréhension du cholestérol"(1), la création d'un site web (www.cholesterolmanifest.be bientôt accessible via Google), la parution d'annonces dans la presse et la rédaction d'une "Lettre ouverte" cosignée par les responsables des dix associations soutenant l'action et exprimant le consensus scientifique.
A l'origine de ces contre-vérités, niant l'existence d'un lien causal entre cholestérol et maladies cardiovasculaires, il y a l'ouvrage du chercheur britannique Malcolm Kendrick, traduit en néerlandais ("De Cholesterolhype") et relayé dans certains medias néerlandophone du pays de même que sur Internet.
"Ces affirmations soi-disant 'révolutionnaires' sont, en réalité, fondées sur base d'informations très ponctuelles et fragmentaires, explique le Dr Freddy Van de Casseye, directeur général de la LCB, mais elles sèment le doute dans la population. Nous recevons régulièrement, ces derniers temps, des coups de téléphone de personnes qui se demandent si elles doivent continuer à suivre leur traitement."
La réponse est oui, si des statines ont été prescrites, c'est que leur prise est nécessaire, au même titre que l'insuline pour les diabétiques ou les hypotenseurs pour les hypertendus.
Un mode de vie sain
Cela étant, si la prise d'une médication peut être envisagée en cas de taux de cholestérol très élevé, pour la majorité de la population, la première protection contre les maladies cardiovasculaires réside dans de bonnes habitudes alimentaires et une bonne hygiène de vie en général. Le fait qu'une relation entre alimentation déséquilibrée, taux sanguin de cholestérol élevé et mortalité par maladies cardiovasculaires soit bien établie doit inciter à la poursuite de comportements aussi sains que possible.
"Le cholestérol est véritablement le 'carburant' de l'artériosclérose", explique, pour sa part, le Dr Olivier Descamps, lipidologue à l'hôpital de Jolimont. "La relation de cause à effet est évidente. On a d'ailleurs observé que des personnes (3 ou 4 pc de la population) ayant un taux de cholestérol anormalement bas (50, 70 mg/dl), correspondant à celui de tout petits enfants, ne font jamais de maladies cardiovasculaires. Simplement parce qu'ils n'ont pas le 'carburant' requi s." Le doute n'est donc plus permis !
lalibre.be
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