Deux enfants de 12 et 13 ans ont été récemment admis dans un centre de pédopsychiatrie situé à Lleida, au nord-est de l'Espagne, pour une "addiction au téléphone portable".
La directrice du centre, Maite Utgés, a déclaré qu' "ils sont arrivés pour leur addiction à "Messenger" (un logiciel de messagerie instantanée sur Internet, NdlR) mais nous avons vu qu'ils avaient aussi une addiction au téléphone portable." Elle ajoute que "les deux enfants possédaient un GSM depuis un an et demi et ils passaient en moyenne cinq à six heures par jour sur leur portable, ce qui a contribué à les mettre en échec scolaire."
Pas de portable avant 16 ans
Le journal "El Mundo", qui révèle l'affaire, indique que l'Agence antidrogue espagnole estime qu'environ 10 pc des adolescents madrilènes souffrent d'addiction au téléphone portable et à Internet. Le quotidien ajoute que l'âge moyen de première acquisition d'un GSM chez les jeunes Espagnols est de 12 à 14 ans alors que les experts recommandent de ne pas en acheter avant 16 ans.
Une recommandation confortée par un comité international constitué d'une vingtaine de scientifiques, pour la plupart cancérologues. Ce comité a lancé un appel en faveur de mesures de précaution dans l'usage du téléphone portable, et cela en l'absence de conclusions définitives prouvant son caractère inoffensif pour la santé, notamment celle des enfants.
L'appel publié dans le "Journal du Dimanche" dresse une liste de dix recommandations sur le mode d'utilisation du GSM. On y retiendra de "ne pas autoriser les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d'urgence; éviter le plus possible de porter un GSM sur soi, même en mode veille; maintenir le téléphone à plus d'1 mètre du corps lors des communications en utilisant le mode haut-parleur ou un kit mains libres ou une oreillette; communiquer par SMS plutôt que par téléphone."
Le Dr David Servan-Schreiber, initiateur de ce texte, estime qu'"il est irresponsable de confier un mobile à un enfant de moins de 12 ans, parce que cet âge correspond à une étape importante de maturation du cerveau."
Le Dr Thierry Bouillet, cancérologue à l'hôpital Avicenne de Bobigny et co-signataire de l'appel (*), déclare que "nous sommes aujourd'hui dans la même situation qu'il y a cinquante ans pour l'amiante et le tabac. Soit on ne fait rien, et on accepte un risque, soit on admet qu'il y a un faisceau d'arguments scientifiques inquiétants." Les vingt signataires reconnaissent l'invention remarquable et l'avancée sociétale du GSM. Ils demandent aux constructeurs et opérateurs de prendre leurs responsabilités et de tout mettre en oeuvre pour que cette technologie ne devienne jamais une cause majeure de maladie.
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